Par C.T. DANIEL MWINYIPEMBE MUCHAPA

Le chercheur CT Daniel MWINYIPEMBE MUCHAPA est Chef de travaux à la Haute Ecole de Commerce de Kinshasa; Doctorant en Sciences, Orientation environnement à l’Université Pédagogique de Kinshasa, avec une licence en Environnement à la même université. Reconnu Comme Chef de Département à la section AGRH de la Haute Ecole de Commerce de Kinshasa, C.T. Daniel a déjà travaillé comme Chef de Servce à l’Institut National de Formation Judiciaire à Kinshasa INAFORJ en sigle. Reconnu à la Haute Ecole de Commerce de Kinshasa en qualité de Chef de département à la section Administration et gestion des ressources humaines.
L’auteur a un bacground de qualité comme Enseignant des Universités en RDC. Par son parcours scientifique et professionnel de grande envirgure, C.T. Daniel a déjà réalisé plusieurs publications scientifiques parmi lesquelles nous retenons celles-ci: « l’impact de l’exploitation artisanale de gisement de cassitérite dans la cité de Kailo, Province du Manièma; La gestion des ordures ménagères et son incidence sur l’envirnnement social: cas de la commune de Barumbu dans la ville province de Kinshasa; Impact de l’exploitation artisanale de minerais sur les enfants.” La Maison d’édition ORASSU International à travers sa Revue prestigieuse Savante et Pluridisciplinaire EveilCongo.net témoigne de son expertise en la matière et l’encourage d’aller de l’avant.
- Résumé
La province du Maniema en général et la ville de Kindu en particulier connaissent une forte pression due à l’exploitation abusive des arbres qui entraine ainsi beaucoup de problèmes environnementaux sur tout que, cette activité se fait sans tenir compte des normes relatives à l’exploitation forestière. L’homme qui devrait à tout prix protéger l’environnement en vue d’un équilibre, apparait beaucoup plus économiste qu’écologiste. On observe actuellement la destruction de l’environnement suite à un déboisement excessif entrainant ainsi plusieurs conséquences notamment la dégradation et la perte de la couche arable, la perte de certaines espèces animales et végétales dans les endroits déboisés
Mots clé : foret, arbre, environnement, ressources naturelles, communauté locale.
Abstract
The province of Maniema in general and the city of Kindu in particular are under strong pressure due to the abusive exploitation of trees, which thus leads to many environmental problems on all that, this activity is done without taking into account the standards relating to logging. The man who should protect the environment at all costs with a view to achieving a balance, appears to be much more of an economist than an ecologist. We are currently observing the destruction of the environment following excessive deforestation, thus leading to several consequences including the degradation and loss of topsoil, the loss of certain animal and plant species in deforested areas.
Introduction
Le Maniema en général et la ville de Kindu en particulier regorge des potentialités énormes en terme des ressources naturelles et que l’exploitation de ces potentialités ou ressources naturelles est entrain de causer des préjudices incalculables sur son environnement provoquant des modifications sur celui-ci. La question de l’arbre en ville est plus que jamais un élément central dans les interrogations relatives aux transitions durables en milieu urbain, aux enjeux d’aménagement du territoire, de réchauffement climatique et de mieux vivre. La thématique de la nature et de l’arbre en ville est un domaine pris de plus en plus au sérieux par les citoyens mais aussi par les acteurs politiques et les institutions.
L’homme qui devrait à tout prix protéger l’environnement en vue d’un équilibre, apparait beaucoup plus économiste qu’écologiste. On observe actuellement la destruction de l’environnement suite à un déboisement excessif entrainant ainsi plusieurs conséquences notamment la dégradation et la perte de la couche arable, la perte de certaines espèces animales et végétales dans les endroits déboisés. Il est un fait indéniable que les espèces animales et végétales qui tiennent profit des arbres sont menacées d’extinction. La misère étant un facteur occasionnant l’exploitation abusive des arbres, a atteint des dimensions incalculables dans les communautés humaines.
La province du Maniema en général et la ville de Kindu en particulier ne sont pas épargnées par cette situation étant donné que leurs forêts connaissent une forte pression due à l’exploitation abusive des arbres qui entraine ainsi beaucoup de problèmes environnementaux sur tout que, cette activité se fait sans tenir compte des normes relatives à l’exploitation forestière.
Ceci étant et conscient du fait que les ressources naturelles doivent être utilisées par la population qui doit en assurer la pérennité pour les générations furfures et préoccupée par cet état de l’environnement, nous nous sommes fixés les objectifs ci-après :
- Analyser l’impact de l’exploitation des arbres et ses conséquences dans la ville de Kindu et son environnement proche ;
- Proposer le mode rationnel de l’exploitation des arbres tenant compte des normes en la matière ;
- Démontrer les conséquences qui découlent d’une exploitation abusive des arbres dans la ville de Kindu.
1. Elucidation conceptuelle
Le présent article se propose d’analyser l’impact de l’exploitation des arbres par la communauté sur l’environnement dans la ville de Kindu
1.1. Foret
La définition du terme « forêt » est complexe et sujette à controverses jusqu’aujourd’hui parmi les scientifiques. Elle tient compte de la surface, de la densité, de la hauteur des arbres et du taux de recouvrement du sol.
Le Code Forestier de la RDC (TITRE Ier, Article Ier dans son alinéa 1er) entend par la forêt :
Un terrain recouvert d’une formation végétale à base d’arbres ou d’arbustes aptes à fournir des produits forestiers, abriter la faune sauvage et exercer un effet direct ou indirect sur le sol, le climat ou le régime des eaux.
Un terrain qui, supportant précédemment un couvert végétal arboré ou arbustif, a été coupé à blanc ou incendié et fait l’objet d’opérations de régénération naturelle ou de reboisement.
Par extension, sont assimilées à la forêt, les terres réservées pour être recouvertes d’essences ligneuses soit pour la production du bois, soit pour la régénération forestière, soit pour la protection du sol. (Code Forestier RDC, 2002).
Donc, la forêt est donc un milieu complexe (écosystème) où poussent plusieurs espèces végétales (plantes, bois) et où vivent de nombreux animaux. Elle est un vaste espace couvert d’arbres et constitue de l’habitat pour les animaux.
1.2. Arbre
Un arbre du latin « Arbor »est une plante ligneuse terrestre comportant un tronc sur lequel s’insèrent des branches ramifiées portant le feuillage dont l’ensemble forme le houppier, appelé aussi couronne. Wikipédia
1.3. Communauté locale
En géographie sociale, une communauté locale désigne un ensemble de personnes vivant en collectivité dans une zone géographique donnée, à proximité les uns, les autres
Selon le Titre Ier d’article Ier à son alinéa 17 du Code forestier de la RDC, la communauté locale est une population traditionnellement organisée sur la base de la coutume et unie par des liens de solidarité clanique ou parentale qui fondent sa cohésion interne. Elle est caractérisée, en outre, par son attachement à un terroir déterminé
1.4. Environnement
Le terme Environnement a pris une extension remarquable, en particulier sous l’impulsion de la langue anglaise. En fait, le terme est synonyme de l’acceptation commune du mot « milieu », c’est-à-dire le milieu vivant.
Selon le Centre International pour le devenir humain (1970), l’Environnement c’est « l’ensemble de milieux d’influences – milieux humains, naturels, économiques – qui agissent sur l’individu à tous les instants de sa vie quotidienne et déterminent, en grande partie, son comportement dans toutes les dimensions de l’être : sociale, intellectuelle, affective, spirituelle, culturelle ».
D’après (P. DUVIGNEAUD 1974), le terme Environnement a été créé par les écologistes qui l’ont défini indirectement à travers le concept Ecologie (Science des rapports entre les organismes et leur environnement) et qui considèrent que l’Environnement se compose de deux volets :l’Environnement abiotique, physique et chimique, c’est-à-dire le matériel non vivant (sol, air, eau,…), les forces (radiations, gravités, énergie moléculaire que les organismes trouvent sur le chemin et qu’ils doivent soit éviter, soit utiliser pour satisfaire leurs besoins organiques) et l’Environnement biotique, constitué des êtres vivants.( micro-organismes, plantes, animaux,)
2. Historique de l’arbre en milieu urbain
Durant la révolution industrielle, la croissance des villes s’amplifie, notamment à cause d’un exode rural massif. Au cours de cette période, les villes se sont massivement urbanisées et à cette époque, les théories hygiénistes mettaient déjà en évidence l’importance d’avoir des espaces verts. (Lepillé et al. 2017) Il faut cependant attendre les années 1850 pour que les premiers parcs, jardins et promenades publics soient aménagés. Ces premiers espaces verts étaient généralement mis en place avec des objectifs socioéconomiques mais également avec des arguments d’esthétiques, d’agréments et de santé. (Delahoulière, 1999). Dès les années 1900, les architectes et les urbanistes, dont Jean- Nicolas Forestier, établissent de manière méthodique et organisée les premiers systèmes de parcs et jardins, afin de créer des ossatures vertes au sein des villes occidentales. Le but est d’améliorer les espaces de vie en mettant en place des espaces d’aération et de récréation. Ainsi, au fur et à mesure des années, les terrains laissés en friche ou autrefois considérés comme des terrains à bâtir sont valorisés en espaces verts et deviennent des espaces d’utilité publique. Des arbres y sont volontairement plantés et contribuent à l’organisation spatiale de la ville. (Blandin et Fabian, 1982) L’arbre urbain a donc une histoire et l’importance d’aménager des espaces verts dans les villes était déjà connue il y a plus d’un siècle.
L’arbre urbain, au de-là de l’argument climatique de plus en plus d’organisations internationales se manifestent sur l’importance de la conservation des arbres. Ils sont devenus des outils essentiels pour lutter contre le réchauffement climatique et sont intégrés dans de nombreux projets. Les arbres sont en effet capables d’absorber et de stocker le CO2, car ceux-ci ont besoin de carbone pour grandir et vont le chercher en l’absorbant directement dans l’atmosphère. (Leys, 2014) Les arbres sont également capables de fixer un certain nombre de particules fines, principalement les plus grosses. (CEREMA, 2020) La capacité des arbres urbains à éliminer les NOx présents dans l’atmosphère semble être comprise entre 0,79 et 1,11 g par m2 par an. Les arbres urbains sont donc capables d’éliminer plusieurs centaines de tonnes de NOx et ainsi participer encore à la dépollution de l’air ambiant dans les villes. Bien que les arbres soient vus comme des outils de lutte contre le réchauffement climatique, ceux-ci sont capables de remplir d’autres fonctions et de rendre d’autres services dans le milieu urbain. Les arbres sont depuis longtemps considérés pour les fonctions esthétiques et structurantes qu’ils peuvent occuper dans l’espace urbain. (Delahoulière, 1999) Mais les arbres sont aussi capables de servir de murs anti-bruit. Certaines villes ont d’ailleurs envisagé leur plan de végétalisation au travers de la qualité des arbres à lutter contre la pollution sonore. (Heuclin-Reffait, 2021) Les arbres peuvent remplir des fonctions pédagogiques et liées aux loisirs. Que ce soit au travers des parcs en pleine ville ou au travers d’arboretum un peu plus étendus, les arbres regroupés peuvent créer ensemble un espace propice aux activités pédagogiques.(Delahoulière, 1999) Dans le cadre d’un projet bruxellois d’installation de vergers urbains, les arbres ont aussi permis de mobiliser et de renforcer la cohésion sociale entre riverains, via notamment la planification de récoltes citoyennes et communes.(Toussaint , 2021). Les arbres installés dans le périmètre urbain, doivent être entretenus. La gestion des arbres déploient toute une chaine de compétences très diverses.
Ainsi, entre les équipes de surveillance et d’entretien des arbres, les élagueurs, les pépiniéristes, les fabricants de sol et les équipes de planteurs, une véritable économie locale peut se développer. (Seghi, 2019) La plus-value économique que les arbres peuvent apporter ne se limite pas uniquement à la création d’une économie locale. Les fonctions esthétiques assurées par la présence d’arbres en ville ont des retombées positives sur les activités économiques et aussi touristiques, notamment en participant à l’amélioration du cadre de vie. (Jones, 2021) Dans les décennies à venir, l’augmentation continue des températures due au réchauffement climatique risque d’empirer le phénomène des îlots de chaleur. Ce phénomène risque d’impacter davantage les milieux urbains en raison de leur densité et de leur caractère très minéral. (Park et al. 2021) Les arbres sont vus comme un moyen efficace de lutter contre les températures extrêmes en ville et permettent de limiter le phénomène des îlots de chaleur urbains. En effet, les arbres en ville permettent de créer des coins d’ombre grâce aux rayonnements solaires qu’ils réfléchissent. Ils peuvent également jouer un rôle de régulation de la température dans les zones de basse atmosphère, notamment grâce aux rejets de vapeur d’eau et à l’évapotranspiration.
3. Impact de l’exploitation des arbres dans la ville de Kindu
2.1. Impacts environnementaux
Selon (SCHÜTZ J.P et Alli 2009), l’exploitation forestière industrielle et artisanale peut générer des impacts négatifs et positifs. L’exploitation forestière intensive affecte négativement l’environnement de plusieurs points de vue :
- En supprimant des arbres qui sont le support de communautés épiphytes, fongiques et animales associées, elle altère directement et indirectement la composition spécifique, la structure de la forêt, le terrain, et peut causer un épuisement du sol quand il est fragile ou en forte pente ;
- Par les perturbations directement causées par les opérations d’abattage (bruit), dérangement, animaux écrasés ou perdant brutalement leur habitat ;
- Par des impacts indirects (tassement du sol, artificialisation ou dégradation du réseau hydrographique, dérangement, construction de routes, pistes et aires de travail et de débardage)
- Par l’artificialisation des forêts, surtout dans le cas des systèmes sylvicoles basés sur les monocultures, les coupes rases et les plantations artificielles ;
- Et parfois en remplaçant les essences autochtones par d’autres essences peu favorables aux biocénoses locales, ou acidifiant ou dégradant les sols. Cette stratégie contribue aussi à réduire le stock génétique au sein des populations d’essences locales ; L’exploitation est souvent associée à un système de cloisonnement et de drainage. Elle peut mener à une perte d’habitats pour certaines espèces, particulièrement dans les zones écologiquement sensibles. L’exploitation sur pente raide peut provoquer une érosion du sol, des glissements de terrain, une turbidité de l’eau et dégrader des habitats particuliers (tels que « forêts de ravin », creuses, etc.).
2.2. Déboisement
La surexploitation forestière et la collecte intensive de bois de feu dégradent la forêt de la ville de Kindu, causent des dégâts aux arbres qui rendent les zones vulnérables à l’érosion du sol ; et enfin, le brulis saisonnier pour la préparation des champs à la culture et au pâturage, ou pour chasser les gibiers ou lutter contre les parasites, dégrade les bordures de foret et empêche la régénération dans les zones récemment dégagées. Le défrichement, le brulage et la transformation des zones forestières sont directement et indirectement associés à plusieurs facteurs de base, notamment la croissance démographique rapide et les changements démographiques, les politiques macro-économiques inappropriées, les reculs de l’économie, les insuffisances techniques qui aboutissent au gaspillage et à l’inefficacité et les capacités fragiles en matière de gestion et d’administration.
Les causes profondes du déboisement dans la ville de Kindu sont aisément discernables. Des taux de croissances démographiques combinés avec une capacité financière, technique et institutionnelle insuffisante pour une utilisation plus productive des terres, entrainent des besoins croissants de terres et de ressources forestières pour répondre aux besoins d’alimentation, d’énergie et matériaux de construction. Les forets les plus frappées sont celles qui sont les plus accessibles aux populations urbaines qui croissent à des taux plus élevés que les moyennes nationales.
Si les taux du de »boisement se poursuivent au même rythme, la ville de Kindu deviendra plus vulnérable aux impacts négatifs éventuels du changement climatique.
La production des braises, des planches, des bois de chauffes et des briques cuite sont les plus grandes sources de l’exploitation des arbres dans la ville de Kindu. La dégradation de l’environnement en résulte lorsque les pressions démographiques, les projets d’infrastructure mal planifiés et les régimes fonciers inéquitables entravent les systèmes de culture itinérante traditionnels.
Comme cela a été le cas pendant des siècles, la vaste majorité de la population de la ville de Kindu est directement tributaire de la productivité de l’arbre pour sa survie. Les populations croissantes exercent une pression plus grande sur cette ressource naturelle précieuse.
Les populations croissantes dans la ville de Kindu ou l’approvisionnement en bois est faible et ou les pratiques de ramassage ne sont pas soutenables, exercent des pressions de plus en plus marquées sur les zones forestières avoisinâtes, en particulier pour le ramassage de bois de feu.
Dans la ville de Kindu, l’exploitation des arbres a de fin commerciales est dominée essentiellement par la population vivant dans cette ville qui s’intéressent principalement à réaliser des gains à court terme. En général, les exploitants forestiers ont tendance à abattre les arbres offrant le maximum de bois utilisables. Les grands arbres, de vieille croissance présentant des branches droites et nettes qui atteignent la voute du foret.
L’industrie se consacre habituellement à la pratique de pure perte connue sous le nom « d’écrémage » : cette pratique qui consiste à ne prendre que les meilleurs bois, du sommet du tronc à juste la partie du tronc en dessous des premières branches. Le reste de l’arbre est laissé sur le tapis forestier.
Les pressions exercées pour réaliser des recettes ont portés la population de la ville de Kindu à promouvoir activement l’exploitation accrue des arbres. (Photo 1, 2, 3,4)

Photo 1.Une vue des exploitants des planches dans les environs de la ville de Kindu
Source : cliché de l’auteur 2024

Photo 2.Une vue de planches exploitées dans les environs de la ville de Kindu
Source : cliché de l’auteur 2024

Photo 3. Un marché de la vente de braises dans la ville de Kindu
Source : Cliché de l’auteur 2024

Photo 4. Une vue des arbres détruit dans la ville de Kindu
Source : Cliché de l’auteur 2024

Photo 5. Un four de fabrication des briques cuites dans la ville de Kindu
Source : cliché de l’auteur 2024
2. Impact sur le changement climatique
La déforestation au profit d’exploitation des arbres rejette également des émissions de gaz à effet de serre, puisque les arbres, lorsqu’ils sont abattus, libèrent le carbone qu’ils ont stocké. La destruction des forets, qui absorbent le dioxyde de carbone, limite également la capacité de la nature à empêcher l’émission de gaz d’entrer dans l’atmosphère. 20 pourcent des émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines proviennent de la dégradation de l forets. Cette déforestation est à la fois une cause et une conséquence du changement climatique. Les grades surfaces boisées sont des puits de carbone qui stockent le dioxyde de carbone et rafraichissent l’air.
Sous l’effet du soleil, l’eau absorbée par les arbres s’évapore, créant de la vapeur d’eau. Ainsi des nuages se forment, engendrent des nouvelles précipitations. La déforestation vient interrompre ce processus et prive l’atmosphère de cet effet rafraichissant, créant ainsi un cercle vicieux qui accentue le changement climatique. Si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent aux rythmes actuels, la température globale en moyenne de la terre devrait augmenter de 1°C avant la fin du siècle prochain par rapport à la moyenne actuelle d’ici l’an 2025 et de 3°C avant la fin du siècle prochain. Les hausses de températures les plus marquées se produiront aux latitudes élevées. Une hausse moyenne des précipitations sous les tropiques devrait se produire en association avec ce réchauffement, bien que des hausses et des baisses de précipitation soient à la fois attendues.
2.3. Impact de l’exploitation de l’arbre sur la santé humaine
Concernant les impacts associés à la santé de l’homme, il a été démontré que la couverture arborée urbaine et sa modification avaient un impact quantifiable sur les mortalités prématurées dues aux fortes chaleurs. On pourrait également ajouter que les arbres permettent une meilleure gestion de l’eau et de pluie. Ils permettent de lutter activement contre le ruissellement et contre l’érosion. Selon (HiLL et al.2010) La préservation du couvert végétal permet ainsi de réaliser des économies importantes dans la gestion des eaux pluviales.Enfin, les arbres participent à la sauvegarde d’un certain écosystème urbain, notamment en apportant des conditions propices à d’autres espèces et en abritant des insectes, des petits animaux, des rongeurs ou des oiseaux. Il existe un très grand nombre d’espèces d’arbres différentes dans les environs de la ville de Kindu.
De la même manière que chaque zone géographique possède une flore qui lui est propre, chaque essence possède des caractéristiques spécifiques. Ainsi, il est important de noter que chaque espèce d’arbres, au travers de ses caractéristiques, pourra jouer des rôles différents et avec plus ou moins d’intensité au sein de l’ensemble des arbres présents.
4. politiques de reboisement de la ville de Kindu et participation citoyenne
Dans nos régions, souvent les femmes et les hommes se préoccupent à satisfaire leurs besoins et pour y parvenir, ils recourent aux ressources naturelles notamment les arbres, l’eau, les animaux, les minerais, la forêt…Ces ressources présentent une grande importance dans la vie des êtres vivants. Les arbres jouent un rôle écologique important, ils servent à briser le vent et à abriter les cultures ainsi qu’à protéger le sol contre l’érosion. Leur ombre fait baisser la température du sol et les feuilles qui tombent freinent le ruissellement des eaux de pluie préservant ainsi le sol et accroissant l’infiltration, ce qui permet aux réserves d’eau souterraine de se recharger.
Ils redistribuent les aliments nutritifs en exploitant les minéraux essentiels du sous-sol et les mettent à la portée d’autres végétaux.
Les arbres ont une fonction sociale non négligeable. Ils donnent de l’ombre aux hommes et aux animaux dans les pays chauds et ils sont parfois le centre de réunion et d’activités familiales et villageoises.
Souvent on les cultive et on les protège pour ombre leur beauté et parfois pour leur caractère sacré. Par rapport aux besoins et aux modes de vie des populations rurales, les arbres fournissent aussi de très nombreux produits dits « mineurs » dont il ne faut pas sous-estimer l’intérêt car, ils sont souvent utiles. Une série des matériaux de construction commerciaux sont produits sur base des arbres. Les arbres jouent donc dans la vie des êtres vivant un rôle à la fois complexe et variable. Ce serait une grave erreur que de s’intéresser uniquement à un de ses aspects même au plus important qui est le bois du feu au détriment des autres. Les nombreux produits et avantages qu’offrent les arbres témoignent son importance.
C’est dans ce cadre que nous avons jugé utile de mener une étude sur l’exploitation des ressources naturelles, dans le cas d’espèces de l’arbre connaissant son importance sur l’environnement et la façon dont il est exploité par la population.
L’arbre en milieu urbain, est un arbre qui se mêle au quotidien des citoyens et trouve une place au sein de l’espace citadin. L’intervention de l’homme dans ce type d’aménagement suggère des dimensions politiques, démocratiques et de participation citoyenne. Intéressons-nous à la capacité des citoyens à participer et à se mobiliser dans le cadre de projets politiques de plantations d’arbres. Bien qu’il apparaît très complexe d’expliciter la manière dont sont perçus les arbres par les citoyens, la littérature scientifique et grise a permis de mettre en exergue quelques pistes de réponses. Nous pouvons affirmer que la perception de l’arbre en ville est fortement dépendante de la culture, de l’époque mais aussi de l’individu. (Delahoulière, 1999). Il semble que l’utilité des arbres soit reconnue depuis longtemps au sein de l’espace urbain. La majorité des citoyens semble apprécier la présence d’arbres dans le milieu urbain et semble également capable de manifester des préférences concernant la plantation d’arbres en elle-même.
CONCLUSION
Nous voici au terme de notre travail qui a porté sur essai d’analyse de l’impact de l’exploitation des ressources naturelles sur l’environnement dans la ville de Kindu ; Cas de l’arbre. Il convient de signaler que le souci pour nous était de démontrer combien de fois une mauvaise exploitation des ressources naturelles présente des conséquences graves sur l’environnement.
Le déboisement, le changement climatiques tant leurs causes que leurs effets, devraient être considérés avec plus d’’attention dans la planification du développement et devraient être traités comme des problèmes de base par les gouvernements nationaux et les agences de développement.
Le déboisement est et continuera d’être la source principale d’émission de CO2, mais les conséquences directes du déboisement sur l’environnement, telles que le changement dans les modes de précipitations et les réductions de la fertilité des sols, seront probablement plus immédiates et plus funestes à court terme que les incidences indirectes qui résulteront du changement climatique globaux. Il est indispensable, pour les habitants de la région qui reposent sur la base des ressources naturelles pour leurs substance et la stabilité économique nationale ; d’éviter ces conséquences.
Une meilleure gestion des ressources forestières est donc capitale, non seulement pour réduire les émissions de gaz à long terme, mais aussi pour assurer les chances d’un futur économique prospère pour la ville en évitant la dégradation de l’environnement.
Il n’y a guère de preuve que les activités de reboisement aient enregistré quelques succès important. Il ne faut pas en conclure que la plantation d’arbres devrait abandonnée mais que ces efforts devrait être orientés de manière plus appropriée et devrait inclure des mécanismes de gestion appropriés. Néanmoins, les efforts déployés pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre devront être axés davantage sur le contrôle du rythme et de l’évolution des pertes de la forêt restante plutôt que sur la plantation des nouveaux arbres, en d’autres termes, sur la gestion améliorée des ressources naturelles existantes de la région. Une meilleur gestion des ressources de la forêt existante non seulement réduira les émissions de gaz, mais aussi évitera d’autres conséquences nuisibles immédiates du déboisement sur l’environnement et aidera à conserver cette ressource économique précieuse.
BIBLIOGRAPHIE
1. Arnould, P., Le Lay, Y.-F., Dodane, C., & Méliani, I. (2011). La nature en ville : l’improbable biodiversité Géographie, économie, société, pp. 45-68.
2. Bacaicoa, M., Kuo, F., & Sullivan, W. (1998). Transforming inner-city landscapes: Trees, sense of safety, and preference. Environment and Behavior, 30, pp. 28-59.
3. Hallot, E. (2022, Juin). Green infrastructure planning through EO and GIS analysis: the canopy plan of Liège, to mitigate its urban heat island. ISPRS – International Archives of the Photogrammetry Remote Sensing and Spatial Information Sciences.
4. Hill, E., Dorfman, J., & Kramer, E. (2010, Avril). Evaluating the impact of government land use policies on tree canopy coverage. Land Use Policy, 27, pp. 407-414. doi:https://doi.org/10.1016/j.landusepol.2009.05.007
5. Blandin, P., & Fabian, J.-L. (1982). Etude des changements sociologiques, écologiques relatifs aux forets péri-urbains. Paris: Ecole Normale Supérieure.
6. Callon, M. (1986). Eléments pour une sociologie de la traduction. La domestication des coquilles Saint-Jacques et des marins-pêcheurs dans la baie de Saint-Brieuc. L’Année Sociologique, 36, pp. 169-207.
7. Callon, M., & Law, J. (1997). L’irruption des non-humains dans les sciences humaines : quelques leçons tirées de la sociologie des sciences et des techniques. Les limites de la rationalité, Les figures du collectif, pp. 99-118.
8. Cerema. (2020, Décembre). SESAME : un projet innovant sur les arbres et arbustes urbains, et l’adaptation au changement climatique. Récupéré sur https://www.cerema.fr/fr/actualites/sesame-projet-innovant-arbres-arbustes-urbainsadaptation-au Cheng,
9. Delahoulière, I. (1999). La perception de l’arbre en ville – Rapport de recherche bibliographique. Lyon: Ecole nationale supérieure des Sciences de l’information et des Bibliothèques, Universite Claude Bernard.
10. Divigneau, P. (1980), La synthèse écologique, éd, Paris.
11. Leys, A. J. (2014). “How is carbon stored in trees and wood products? » Récupéré sur Forest and Wood Products Australia for Forest Learning:
12. Jones, B. (2021). Planting urban trees to improve quality of life? The life satisfaction impacts of urban afforestation. Forest Policy and Economics, 115. doi:https://doi.org/10.1016/j.forpol.2021.102408
13. Journal Officiel, loi N° 011/2002 portant code forestière de la RDC 2002.
14. GORDON. M. et FRAN PETRY, guide de l’élaboration d’un projet de recherche en sciences sociales, éd, de boch Bruxelles 2000.
Par C.T. DANIEL MWINYIPEMBE MUCHAPA
